Son et traduction dans l’œuvre de Proust Dirigé par Emily Eells et Naomi Toth

Pour le narrateur d’À la recherche du temps perdu, le son traduit ; par ailleurs, il définit la tâche de l’écrivain comme celle d’un traducteur. Se dessinent dès lors, entre sonorité et langage littéraire, un parallèle étroit mais aussi un mince écart, de sorte qu’un point de fuite s’inscrit dans le texte : l’écrivain traduit une sonorité qui est elle-même traduction. Que faire de toutes ces strates de son quand on cherche à les rendre dans une langue autre que le français ? Que révèle la pratique de la traduction de la façon dont Proust pense le rapport entre sonorité et langage ? Telles sont les questions abordées par les articles ici rassemblés, avec une attention particulière accordée aux traductions vers la langue anglaise.

For the narrator of A la recherche du temps perdu, sound translates; he also defines the writer’s task as being that of a translator. A parallel is thereby drawn between sound and literary language, and yet a slight gap exists between them, forming a point of insecurity: the writer translates a sound which is already a translation. What is to be done with these layers of sound when attempting to render them in a language other than French? What does translation reveal about Proust’s understanding of the sound-language relationship? Such questions are addressed by the essays in this volume, which give special attention to translations of Proust’s work into English.

Table de matières // Table of Contents

Emily Eells et Naomi Toth — Introduction : le son traduit
Françoise Asso — Traduire « Zut, zut, zut, zut ».
Christopher Prendergast — Cloches à travers l’eau : le rôle du son dans la Recherche
Adam Watt — « Les sons n’ont pas de lieu » : bruits, murmures et autres sonorités chez Proust.
Anne Penesco — Écouter et traduire les bruits au temps du futurisme
Margaret Gray— Mémoires d’outre-texte : voix fantômes dans le discours proustien
Davide Vago — Traduire le pneuma : sur la vocalité proustienne.
Daniel Karlin —Traduire les cris de Paris dans La Prisonnière.
Elina Absalyamova — La « bande-son » proustienne : entre l’original et l’adaptation en BD
Emily Eells et Naomi Toth — Paroles de traducteurs

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